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Carte postale suédoise: Catch-22, Joseph Heller.

27 juin 2007

Catch-22, Joseph Heller.

Couverture de Catch 22.

Je viens de finir un des nombreux ouvrages que j'avais achetés lors de ma dernière bokrea, Catch-22, de Joseph Heller. Un roman publié en 1961, pratiquement culte, sur l'absurdité de la guerre.

Ce qui m'a donné envie de lire ce livre, c'est que l'un de ses concepts est devenu tellement célèbre que le titre de l'oeuvre elle-même est devenu une expression d'usage courant en anglais. Pas si courant, tout de même, d'introduire de nouvelles idées qui se répandent comme de la poudre dans le langage courant. Preuve qu'il ne fallait pas que je passe à côté de ce monument.

"A catch-22 situation". Dès que je l'ai entendue pour la première fois (et comprise), cette expression m'a tapé dans l'oreille. J'ai un peu cherché son équivalent français, dans des histoires de double-contrainte, de paradoxe, de problème de la poule et de l'oeuf.

Dans le roman, il s'agit d'un règlement. Le règlement 22 de l'hôpital militaire dans lequel Yossarian, capitaine de bombardier dans le Pacifique, feint la folie pour ne pas aller au combat.

There was only one catch and that was Catch-22, which specified that a concern for one's safety in the face of dangers that were real and immediate was the process of a rational mind. Orr was crazy and could be grounded. All he had to do was ask; and as soon as he did, he would no longer be crazy and would have to fly more missions. Orr would be crazy to fly more missions and sane if he didn't, but if he was sane he had to fly them. If he flew them he was crazy and didn't have to; but if he didn't want to he was sane and had to. Yossarian was moved very deeply by the absolute simplicity of this clause of Catch-22 and let out a respectful whistle.


Qui veut se faire dispenser de combat pour folie n'est pas réellement fou. Un paradoxe d'une absurdité à s'arracher les cheveux.

Les situations à la Catch 22 sont monnaie courante dans la vie de tous les jours. Un processus A qui a besoin que le processus B soit fini pour pouvoir se finir, alors que le processus B a lui-même besoin de la fin du processus A pour s'achever. Et des situations comme celle-là, j'en ai rencontré énormément depuis mon départ de Suède.

Vous cherchez un travail alors que vous êtes encore jeune ? Vous consultez les annonces, mais l'on demande à chaque fois que vous ayez de l'expérience. Expérience qui ne s'obtient qu'en ayant un travail. Le serpent qui se mord la queue.

Vous avez réussi à trouver un travail à Paris mais vous n'habitez pas Paris ? Vous cherchez un logement, mais à chaque fois on vous demande un contrat de travail et des feuilles de salaire. Contrat de travail dont la date de commencement n'est réellement effective que lorsque vous pouvez vivre sur place.

Vous voulez ouvrir une connexion à Internet ? Vous pouvez le faire, en faisant une demande par Internet.

Je ne vous parle même pas des programmes informatiques qui plantent car ils contiennent deux programmes qui sont mutuellement dépendants l'un de l'autre.

Lorsque l'on fait face à ce genre de situation, pour éviter d'atterrir dans une impasse, il faut trouver un déclic. Une parade qui permettra d'empêcher que la situation ne s'enlise à jamais. Un petit truc qui permette de contourner le problème, quitte à enfreindre les règles.

Et quand il s'agit de situations amoureuses perdant-perdant...